vendredi 5 juin 2009

La fuite au grand large

Arrachés aux hordes sanguinaires, détachés des cordes pendouillaires, tels des monstres heureux, tels des débris de naufrages, nous voguons.

La mer est enceinte de notre vaisseau, la terre est en plainte de nos âmes en trop.

Ici, le vent est fait d`écume, de légendes et de fantômes. Le temps est fait de lunes qui s`étendent en dômes.

Les flots, tordus, saoulent le tangage et coulent l`horizon. Les matelots, cornus, troublent le grand large et goulent leur boisson.

Partout, Les épaves et leurs noyés rampent sous la brume enfouie.

On n`entend que leurs cloches de poupe et ne voit que leurs hunes de vigie, où les vigiles cadavres dorment le sourire plein d`algues.

(Natashquan, 14 juillet 1983, Archibald d`Arsenic)

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